Bank Innovation Infrastructure (BII)

Infrastructure bancaire white-label pour l’Afrique

Juin 2025

Sommaire

Introduction

L’Afrique connaît une croissance rapide du numérique : en 2023, 61 % des adultes possédaient un téléphone mobile, mais seuls 54 % avaient un compte bancaire . Cette fracture crée une forte demande pour des solutions innovantes. En Mauritanie – pays à 77 % de population rurale et où 77 % des habitants se déclarent pauvres (revenu <3000 MRU/mois) – la bancarisation est particulièrement faible (~20–25 % selon la BCM) . Le contexte ouest-africain voit un grand nombre de non-bancarisés, malgré la montée des services financiers mobiles. La Banque d’Afrique, les opérateurs télécoms et les fintechs cherchent à combler ce gap. C’est dans ce cadre que le projet Bank Innovation Interface (BII) se donne pour objectif d’accélérer l’inclusion financière. BII vise à fournir une infrastructure bancaire complète, modulaire et clé-en-main – développée par une équipe mauritanienne – pour permettre aux banques, opérateurs et startups de lancer rapidement des services financiers digitaux adaptés aux besoins locaux. Par cette approche, BII entend contribuer à la modernisation du secteur, en soutenant la «démonétisation» et la transformation numérique initiées par la Banque Centrale .

Défis et limites du système bancaire en Mauritanie

La Mauritanie souffre de contraintes structurelles importantes. Le pays compte seulement 310 agences bancaires et 309 distributeurs automatiques, dont près de 2/3 sont concentrés à Nouakchott (20 % de la population) et Nouadhibou (3 %) . Cette couverture géographique limitée laisse 77 % des Mauritaniens en zone rurale très peu desservis. Le taux de bancarisation, estimé autour de 20–25 %, stagne depuis plusieurs années . La stratégie nationale d’inclusion financière vise pourtant 40 % d’ici 2030 . Les obstacles sont multiples : faibles revenus (42 % des adultes non bancarisés citent ce motif) et coûts élevés (20 %) sont les premières causes de non-bancarisation . À cela s’ajoutent le manque de documents (19 %), la distance aux agences (13 %) et la confiance limitée dans les institutions (8 %) .